
« Quel magasin de marde ! Ce n'est pas d'aujourd'hui que je le pense, mais j'en profite pour en écrire une petite page.
Plusieurs raisons me poussent à haïr ce grand quincaillier. Prenons, par exemple, leurs fameux "spécialistes". Que ce soit du côté de l'électricité, de la plomberie ou des gars de la cour à bois, c'est la même histoire. »
Trois histoires
Bienvenue chez Rona ! Là où le slogan « On y croit » signifie surtout que si vous avez une question, vous avez plus de chances de trouver la réponse vous-même que de l’obtenir d’un employé.
Voici une petite immersion dans mon expérience personnelle : j'arrive devant non pas un, mais deux « conseillers ». Je leur explique que j'ai vu un spécial sur le web : une perceuse à 119 $. Je veux ce modèle. Le gars me répond avec un grand sourire : « Ah oui, mon cher monsieur ! On en quelques-unes, mais il n’y a pas de modèle en démonstration. »
Je lui dis : « C'est pas grave, je vais en prendre une pareille. »
C’est là que la fille s’en mêle : « OK mon cher monsieur, elles sont supposées être en haut, dans cette rangée-là », dit-elle en pointant vaguement le plafond de son index.
Dès cet instant, j’ai compris que ça ne serait pas facile. On aurait dit qu'ils avaient été engagés la veille : elle, avec sa chemise à carreaux aux manches relevées, et lui, avec ses bottes délacées et sa grosse barbe sale. On aurait dit deux bûcherons en pleine détresse existentielle.
Le barbu part chercher l'échelle sur roues. Pendant ce temps, la fille fait les cent pas de gauche à droite, comme si elle cherchait son chemin dans une forêt. L’autre fait avancer et reculer l’échelle sans arrêt. C’est la panique totale : ils ne se trouvent pas à l’emplacement des perceuses. Ils ont l’air de deux chevreuils devant des phares de voiture.
Au bout d'un moment, je leur suggère gentiment : « Pourquoi ne pas aller chercher un gérant ou quelqu'un qui connaîtrait l'emplacement ? » La fille se retourne et, avec un sourire timide, me lance : « Ah ouais, c'est ça ! » Et là, les deux se mettent à ricaner comme des gamins de primaire.
Pendant les cinq minutes d'attente qui suivent, ils se tiraillent et se niaisent comme des enfants de huit ans. J’étais déjà à bout de nerfs, mais je voyais enfin la lumière au bout du tunnel (du moins, je croyais que mon calvaire achevait).
Mais non ! Même le gérant ne connaît pas l'emplacement. Pendant qu'il cherchait, mes deux énergumènes continuaient de se raconter des blagues.
Dix minutes passent. Le gérant cherche toujours, j’ai le souffle court, je suis découragé. J'ai devant moi deux idiots et un gérant perché en haut d'une échelle qui regarde le vide. J'ai reculé d'une dizaine de pas, j'avais besoin d'air. Je me suis simplement retourné et j'ai marché vers la sortie.
En partant, je les ai regardés une dernière fois : ils étaient toujours là, comme trois imbéciles perdus dans l’allée des perceuses fantômes.
« Ah... oui. Le fameux truc en métal ! J'allais oublier celui-là. J'arrive dans la rangée de la plomberie et je dis au commis : "J'ai besoin de ce morceau-là." Le commis me regarde : "Pardon ? Ah oui, c'est correct, je vous donne ça tout de suite."
Il regarde dans la rangée, étire le bras, prend un petit sac et me le donne : "Voilà mon cher monsieur, c'est exactement ce qu'il vous faut."
Je lui réponds : "J'espère, parce que ça coule par le robinet extérieur, il commence à faire frette et il est tard. J'ai peur que les tuyaux éclatent."
Il me répond, bien relax : "Allez en paix, c'est ce qu'il vous faut." Je décolle en trombe. J'habite à 5 kilomètres. Arrivé chez moi, je dors le bidule, j'essaie de le poser pendant que l'eau coule. Il fait froid, je gèle, et ça ne fonctionne pas ! Ce n'est pas la bonne grandeur.
Je regarde ma femme et je lâche : "Câlice de tabarnak ! Encore l'osti sûr de marde de chez Rona ! Le gars avait l'air de lui, je lui ai fait confiance, c'est pas moi qui travaille là, crime !" Je suis en beau calvaire, obligé d'y retourner. Je gèle dehors, je suis trempé comme une lavette, tout ça parce que l'osti d'épais m'a pas donné la bonne pièce.
De retour au magasin, je demande au nouveau commis : "J'aimerais voir le gars qui était là avant toi."
— "Désolé monsieur, il est sur son break."
Je lui raconte mon aventure. Il me répond : "Voyons monsieur, la pièce qu'il vous a donnée n'est pas la bonne. Il y a plusieurs modèles spécifiques selon les marques de robinets."
Lui, il semblait vraiment connaître ça. Il se retourne, prend un sac et me le remet. Je le remercie et je répare.
J’arrive chez nous en trombe, encore. J'ai enfin la "bonne" pièce. J'essaie de la poser, j'ai espoir... mais non ! Encore une fois, ça ne fait pas pas ! Là, j'avais le visage rouge, la boucane me sortait par les oreilles. Il était trop tard pour y retourner, le magasin fermait et l'eau continuait de s'accumuler.
Pour faire une histoire courte : j'ai tenté de fermer la valve d'eau, mais quand je la fermais, je coupais l'eau dans toute la maison. Finalement, mon voisin est venu m'aider. On a dû découper le plafond, couper le tuyau qui menait vers l'extérieur et poser une valve de plus pour isoler le robinet extérieur.
« Aujourd’hui, je regarde sur le site de Rona pour du contreplaqué en merisier. Le site confirme qu'ils sont en vente. J'arrive dans la cour à bois, je cherche, je cherche, je fais le tour... rien. Je me dis que je les ai sûrement ratés. Un commis s'approche alors, son téléphone à la main. J’avais de la misère à le comprendre (devinez pourquoi...).
Je lui demande où se trouve le contreplaqué en merisier. Comme il semblait complètement perdu et ne comprenait rien à ce que je lui disais, il m'a regardé comme un extraterrestre, les yeux sortis de la tête :
— "Ben monsieur, je comprends pas !" Je répète : "Le contreplaqué en merisier !!"
— "Ben s'il n'y en a pas là, monsieur, c'est qu'il n'y en a pas !" me répond-il, sans même vérifier. Je lui dis : "D'accord, je vais me renseigner auprès de quelqu'un d'autre." il de dit :OK sans aucune gène, Je traverse les portes qui séparent la cour à bois du magasin pour aller voir les gars qui font les coupés. Celui-ci me lance :
— "J'sais pas, faut que t'ailles voir le gars de la cour."
— "Je reviens de là !"
— "Je peux appeler quelqu'un si vous voulez ?" Je lui réponds : "Laisse faire, j'ai déjà donné avec l'histoire de la perceuse fantôme." Il m’a regardé sans comprendre. J'ai ajouté : "Je vais m'arranger tout seul."
— "OK, faites-moi savoir si vous voulez que j'appelle." Comme j’avais absolument besoin de bois, j’ai décidé de laisser tomber le merisier pour prendre du contreplaqué d’épinette.
Arrivé à la coupe : surprise ! 3,25 $ plus taxes la coupe. J’en avais besoin de huit. Normalement, on a droit à trois coupes gratuites, mais non, rien du tout. Je n'avais pas le choix, mais j'étais déçu. Je me suis demandé si le gars de la coupe était payé
plus cher à cause de ça ? Honnêtement, je ne pense pas. C'est carrément du vol : on parle juste d'un trait de science !
Bref, c’est la dernière fois que je fais couper quoi que ce soit chez Rona. Ça m’a coûté près de 125 $ avec les coupes...! »
Pour ma pars, 3,25$ tx pour une coupe, = 29,89$ pour 8 traits de scie, je trouve que c'est de l'arnaque!
Voilà mes quelques aventures chez Rona. Et vous, en avez-vous des semblables ? »